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20 mai 2010 4 20 /05 /mai /2010 21:10

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La Vierge de Vaux-Navier à Arc-sous-Cicon (Doubs)

 

Non loin d’Arc-sous-Cicon, pudiquement cachée par quelques foyards et épicéas, se trouve une petite chapelle dont l’origine de la construction a été oubliée depuis bien des lustres.

 

L’endroit se nomme Vaux-Navier. C’était autrefois le lieu préféré des petits bergers qui se retrouvaient ici, non devant cette chapelle, mais au pied d’un rocher en forme de grotte, dans laquelle se trouvait une vierge en bois, protégée par une grille de fer forgé.

 

Ce jour là, les conversations allaient bon train, et l’un des enfants s’en vint à parler de la Vierge toute proche et de ses miracles en citant des faits précis, des vœux exaucés, des épidémies évitées.

 

Mais il n’y avait pas seulement des croyants parmi ces petits bergers et l’un d’eux, certain de sa supériorité, s’approcha de la vierge en lui tendant un quignon de pain en disant : « Tiens, mange, si tu peux ! »

La statue ne réagit pas….

 

Cela peina les plus jeunes qui s’attendaient peut-être à un miracle ; les plus grands, eux savaient qu’il ne fallait pas blasphémer sous peine de connaître les châtiments et la colère de Dieu.

 

Au centre du groupe assis, notre prétentieux berger, fièrement campé sur ses jambes cria triomphalement : « Voyez, où donc est le miracle ? »

 

Un silence pesant régnait sur la petite communauté. Chacun mâchonnant son maigre repas, les yeux rivés au sol.

Cet instant de malaise cessa lorsque des chevaux parvinrent à s’échapper du troupeau. Affolés et paniqués,  les bergers se précipitèrent pour les rattraper, et c’est en les approchant que l’un deux reçut une violente ruade à la mâchoire, le faisant  chuter à quelques mètres de là….

Tous reconnurent immédiatement,  notre berger, défiguré de douleur. A cet instant un hennissement moqueur fit grande impression sur ce petit monde qui vit là, comme le châtiment infligé par la Vierge.

 

Bien sûr, l’histoire fit rapidement le tour de la contrée, et l’on voulut rapporter la statue à l’église d’Arc-sous-Cicon, mais chaque fois, celle-ci s’en retournait dans sa cavité de pierre. D’aucuns diront qu’elle préférait écouter les conversations égrillardes des petits bergers, plutôt que les prières célestes des religieuses.

Alors, on lui construisit une petite chapelle en lieu et place de la cavité.

 

La révolution l'a démoli et il fallut attendre les années 1880 pour que, grâce aux dons des villageois, elle puisse être reconstruite.

 

    © Copyright 2010 - Jo.Ricci

 

 

La petite chapelle veille toujours sur le village, qu’elle peut apercevoir au loin. Mais, qu’est devenue la Vierge ?

 

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A Arc sous Cicon, situé à un  ou deux km de là,  l'église renferme cette sculpture de la vierge et l'enfant. Elle date de la fin du XIV ou du début du XVème siècle....    Serait-ce celle de la légende ????

 

 

 

 A droite de la chapelle, ce calvaire qui peut-être est lui aussi relié à la légende.

 

 

 

 

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23 avril 2010 5 23 /04 /avril /2010 20:31

 

Le lac Saint-Point  fait partie des plus grands lacs naturels de France par sa superficie. Il se situe dans le département du Doubs, au sein du massif du Jura, à une quinzaine de kilomètres de la ville de Pontarlier.

 

 

La légende de Damvauthier

Il y a bien longtemps, au fond d’une vallée, en bordure du Doubs, s’étalait une belle cité située dans un écrin de prairies et d’épicéas qu’on nommait Damvauthier.

La ville entière était connue pour ses richesses et son opulence. Les terres étaient bien fertiles, les cultures produisaient en abondance et le Doubs fournissaient nombre de poissons de belles tailles, enfin tout réussissait à ses habitants. Mais cette richesse leur avait rendu le cœur dur et froid. Plus rien ne pouvait les émouvoir… On disait même qu’ils vivaient dans la débauche la plus complète, menant une vie dissolue, faite de plaisir et de paresse, d’orgies et de violence extrême.

 

 

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Un vieux moine, tentait de remettre de l’ordre parmi ces âmes perdues, mais le mal était déjà bien enraciné, et il eut beau faire et beau dire, rien n’y fit, et l’on finit par le chasser hors du village. Il alla se réfugier dans une petite cavité sur les hauteurs, revenant régulièrement au village, infatigable et entêté, reprenant son prêche.

C’est par une journée froide et glacée, que les habitants virent s’approcher au loin, une femme tenant un enfant dans ses bras. Epuisée et transie de froid, elle marchait dans la neige, le dos courbé, protégeant son petit des rafales cinglantes du vent . Arrivée à la place du village, elle s’enquit auprès des quelques personnes se trouvant là, celui qui pourrait l’héberger le temps d’une nuit, et lui fournir à elle et son enfant un peu de nourriture ; en effet se rendant à quelques lieux plus loin, le mauvais temps l’avait surprise et la nuit commençant à tomber la faisait redouter au pire.

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Mais aucune des personnes ne prit la peine de lui répondre…elle ne trouva qu’indifférence. L’une d’elles commença à se moquer de ses haillons, puis une autre à l’invectiver avant de lui lancer des morceaux de glace pour la faire fuir. Les évitant, elle continua sa quête, toquant de porte en porte, implorant suppliant pour la survie de son enfant.

Elle ne trouva qu’hostilité, raillerie, et méchanceté.

Epuisé, à bout de force, elle s’agenouilla au pied d’une statue de la Vierge, et l’a supplia de sauver au moins son enfant.

A cet instant, une ombre s’approcha d’elle. Effrayée, elle leva la tête et vit un vieux moine qui la dévisageait d’un regard bienveillant. Il lui prit la main et lui dit : Viens !

Il les emmena en retrait de la ville, sur les hauteurs, là, où lui-même s’était réfugié il y avait bien longtemps, hors de l’agressivité des habitants. Il leur offrit de partager son maigre repas, une soupe et du pain… Plus tard, il leur aménagea une couche dans un coin de sa modeste demeure, où elle et son enfant, réchauffés et rassasiés pouvaient enfin se reposer.

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Dans la nuit, aucun d’entre eux n’entendit ce qui se passait plus bas. Un terrible désastre, provoqué par un glissement de terrain avait fermé la rivière en amont. Le barrage céda quelques heures plus tard, provoquant une vague gigantesque qui dévasta tout sur son passage. Ce fut si rapide, qu’il n’y eu aucun survivant. Les débris accumulés fermèrent partiellement la rivière en aval, créant ainsi un lac de toute beauté en opposition avec l’effroyable cataclysme qui venait de se dérouler.

C’est son enfant, affamé qui la réveilla au petit matin alors que les premiers rayons du soleil hivernal illuminaient l’intérieur de l’abri. La jeune femme chercha des yeux le vieux moine,

mais celui-ci avait disparut. Elle découvrit en place et lieu de la cité de Damvauthier un longue étendue d’eau et compris l’effroyable catastrophe.

D’aucuns diront que, n’ayant pas eu pitié d’une femme et de son enfant, les gens de Damvauthier avaient tous péris, emportant avec eux la terrible dureté de leur cœur…..

Bien des années plus tard, un village se forma en bordure du lac qu’on appela Saint Point en souvenir du moine  Saint Ponce (Saint Point).

Les légendes sont tenaces… !!!  

Jo.         

  © Copyright 2010 - 

 

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  • Jo.
  • Une passion en images, quelques mots, quelques histoires, une balade, une rando...d'une comtoise exilée en Haute-Savoie.
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